La première réaction visuelle à l’assassinat du général iranien Qasim Soleimani se déroule à Bagdad, la capitale irakienne.
Des milliers de personnes alignées sur les milices chiites irakiennes que le général Soleimani a affinées et entretenues pendant de nombreuses années se sont réunies, aux côtés de hauts responsables politiques irakiens, pour pleurer sa mort et ceux qui ont été tués avec lui lors de la grève du jour au lendemain.
Dimanche, à Beyrouth, la capitale libanaise, un autre événement commémoratif attirera encore plus de milliers de personnes; partisans du groupe de milice du Hezbollah.
On peut attribuer au général Soleimani la transformation du Hezbollah en force militaire et politique de courtage qu’il est aujourd’hui.
Et lundi, les funérailles officielles du général devraient avoir lieu à Téhéran, la capitale iranienne.
Les trois événements dans trois pays clés du Moyen-Orient démontrent l’influence et l’importance d’un guerrier fantôme qui a façonné la politique iranienne au Moyen-Orient pendant des décennies.
Il est impossible d’exagérer le pouvoir qu’il exerçait dans la région. La Force Quds des Gardiens de la Révolution iraniens, dirigée par lui, a formé, financé et équipé des mandataires dans toute la région, du Liban à la Syrie et de l’Iraq au Yémen.
Son influence a façonné des moments clés du Moyen-Orient en Syrie, au Liban, en Irak.
Il a joué un rôle central en veillant à ce que le président syrien Assad reste au pouvoir. Il était plus qu’un simple commandant militaire. Il s’est rendu à Moscou peu de temps avant que le président Poutine n’engage des troupes pour aider le président Assad en Syrie.
Dans la structure de pouvoir complexe de l’Iran, il détenait sans doute plus d’influence stratégique que les principales personnalités politiques du pays. Depuis de nombreuses années, il est en contact direct avec le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Il a fait des navettes fréquentes entre Téhéran, Beyrouth et Bagdad renforçant l’axe d’influence de l’Iran dans la région à travers ses mandataires.
Au cours des derniers mois seulement, selon certaines rumeurs, il aurait participé à des réunions du cabinet en Irak alors que des manifestations de rue menaçaient le gouvernement soutenu par l’Iran.
Au Liban, il a aidé à guider la politique du Hezbollah alors que des manifestations similaires menacent le gouvernement dans ce pays.
La suppression de ce soldat légendaire, un nom connu en Iran, mais également expert en art de la scène iranienne, aura des implications pendant de nombreuses années.



