Les combats se sont intensifiés dans la province d'Idlib, alors que les forces gouvernementales se rapprochent du dernier bastion des rebelles en Syrie.
Des troupes fidèles au président syrien, Bashar al Assad, combattent un groupe militant lié à Al-Qaïda près du village de Midan Ghazal, selon le centre de presse militaire pro-gouvernemental.
Les forces d'Assad, soutenues par la puissance aérienne russe, contrôlent neuf villages de la province du nord-ouest du pays, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme basé en Grande-Bretagne.
Il vient malgré les appels du Conseil de sécurité des Nations Unies à toutes les parties pour respecter le cessez-le-feu convenu en septembre.
Idlib est le centre du dernier bastion des rebelles et les combats dans la région, qui ont repris fin avril, ont été les pires depuis le cessez-le-feu.
Après une réunion privée tenue vendredi, 11 membres du conseil de sécurité, dont la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis, ont mis en garde contre un éventuel désastre humanitaire à Idlib.
L'ambassadeur de Belgique à l'ONU, Marc Pecsteen de Buytswerve, a déclaré au nom du conseil: "Nous sommes alarmés par le déplacement de plus de 150 000 personnes ainsi que par le ciblage des centres de population et des infrastructures civiles, y compris des hôpitaux et des écoles".
Chaque fois que le gouvernement syrien s'est emparé de chaque fief des rebelles, ils ont souvent réussi à se rendre en toute sécurité à Idlib, qui est devenu un lieu de regroupement pour eux.
Mais à mesure que les combats s'intensifient, on craint que la province ne devienne plus dangereuse pour les trois millions de civils qui y vivent également.
Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a exprimé vendredi sa préoccupation devant le fait que les combats menaçaient également la sécurité des postes d'observation de son pays.
"Nous espérons que la Russie prendra des mesures efficaces et déterminées pour que les forces du régime cessent leurs attaques sur le sud d'Idlib et reviennent immédiatement aux frontières fixées par l'accord d'Astana".
Le processus de paix a été lancé dans la capitale du Kazakhstan en janvier 2017 par la Russie et l'Iran, alliés du gouvernement syrien, et par la Turquie, qui soutient les rebelles.
Cela a conduit à la création de quatre "zones de désescalade" mais les forces du président Assad en ont déjà repris trois – Idlib est la dernière.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Vershinin, a déclaré jeudi à l'agence de presse TASS que l'action militaire à Idlib était dirigée contre des terroristes dans la région et se déroulait "en coordination avec nos partenaires turcs".
