Le Royaume-Uni pourrait jouer un rôle de premier plan dans une coalition pour protéger les transports maritimes du Golfe Nouvelles du monde

Camaractu

30 juillet 2019

La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d'autres alliés se réuniront mercredi à Bahreïn pour discuter de projets visant à constituer une coalition internationale pour la protection des navires dans le Golfe, a appris Sky News.

Le Royaume-Uni envisage de jouer un rôle de premier plan dans toute force de protection maritime faisant l’objet d’un accord, selon deux sources de Whitehall.

Aucune décision finale n'a encore été prise.

Un pétrolier dans le détroit d'Hormuz: File pic
Image:
Un pétrolier dans le détroit d'Hormuz

La rencontre entre des représentants militaires à Bahreïn, où se trouve la cinquième flotte américaine et une base de la Royal Navy, fait suite à un rassemblement organisé jeudi dernier au quartier général du commandement central des États-Unis à Tampa, en Floride.

Des officiers militaires de plus de deux douzaines de nations ont assisté à cette conférence.

On ne pense pas que des engagements spécifiques aient encore été convenus concernant la forme et la taille d'une coalition maritime, la manière dont elle sera dirigée et les pays qui y participeront.

Les États-Unis cherchent à constituer une coalition dirigée par les États-Unis afin de fournir des escortes aux navires internationaux transitant par le détroit d’Hormuz pendant des semaines, alors que les tensions avec l’Iran se sont intensifiées.

Les pays européens ont toutefois hésité à s’inscrire à une telle mission car ils s’opposent à la politique américaine sur l’Iran.

L'année dernière, le président Donald Trump avait sorti les États-Unis d'un accord nucléaire entre l'Iran et d'autres puissances mondiales, réimposant des sanctions au régime dans le cadre d'une politique dite de "pression maximale".

La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne – les signataires européens de l'accord nucléaire – s'inquiètent de leur participation à toute mission américaine dans le Golfe qui pourrait être considérée comme faisant partie de cette campagne de pression maximale.

Jeremy Hunt, l'ancien ministre des Affaires étrangères, dans l'un de ses derniers mandats au pouvoir, a annoncé la semaine dernière un projet de force de protection maritime sous commandement européen, mais les détails de cette mission sont restés incomplets.

Un hélicoptère Venom UH-1Y avec l'escadron marin de type Tiltrotor moyen (VMM) 163 (renforcé), la 11ème unité de marine expéditionnaire (MEU), décolle du poste de pilotage du navire d'assaut amphibie USS Boxer (LHD 4) pendant son transit par le détroit de Ormuz dans le golfe d'Oman, mer d'Oman
Image:
Les États-Unis sont également présents dans le détroit d'Ormuz

Il est largement admis que toute force doit avoir une contribution importante des États-Unis pour être crédible, car l'armée américaine dispose des capacités et des atouts les plus importants de la région.

La Grande-Bretagne, avec ses relations particulièrement étroites sur le plan militaire et le partage de renseignements avec les États-Unis et son alignement sur la réflexion européenne sur l'accord nucléaire iranien, pourrait constituer une force unificatrice entre les États-Unis et l'Europe si elle assumait un rôle de premier plan – même dans ce plan de protection maritime, selon des experts de la défense.

La Royal Navy protège déjà les navires battant pavillon britannique par le détroit d’Hormuz de la menace d’une attaque iranienne.

Les navires britanniques ont été particulièrement menacés par l'Iran après que les Royal Marines aient aidé à détenir un super tanker iranien au large des côtes de Gibraltar au début du mois.

Le Royaume-Uni accuse le pétrolier Grace 1 d'avoir transporté du pétrole à destination de la Syrie, en violation des sanctions de l'UE.



L’élite des gardiens de la révolution iraniens a saisi un pétrolier étranger dans le Golfe. Image de fichier



Chronologie des tensions entre les pétroliers britanniques et iraniens

L’Iran a nié ces accusations, a accusé la Grande-Bretagne d’actes de piraterie et a menacé de représailles en prenant pour cibles des pétroliers battant pavillon britannique dans le Golfe.

Le 19 juillet, les forces iraniennes ont embarqué à bord du pétrolier Stena Impero battant pavillon britannique alors qu'il traversait le détroit d'Hormuz. Ce navire est toujours détenu dans un port iranien.

La menace de nouvelles saisies a incité le gouvernement à charger la Royal Navy d'accompagner les pétroliers et autres navires battant pavillon du Royaume-Uni le long de cette voie navigable vitale.

Le HMS Montrose, une frégate de type 23, et le HMS Duncan, un destroyer de type 45, effectuent cette tâche dans la région.

Aucune décision finale sur la forme, la taille et le commandement de la mission internationale de protection maritime n'est attendue à la réunion de Bahreïn demain.

Laisser un commentaire