La NASA et l'Agence spatiale européenne (ESA) s'associent pour une mission ambitieuse consistant à utiliser un engin spatial pour dévier un astéroïde.
Des chercheurs et des ingénieurs des deux agences et au-delà se réuniront à Rome la semaine prochaine pour discuter de l’idée, qu’ils veulent prouver, est une méthode viable de défense planétaire.
La soi-disant évaluation de la déformation des impacts d’astéroïdes (AIDA) ciblerait le corps plus petit des astéroïdes double Didymos gravitant autour de la Terre et de Mars, un engin spatial étant dédié à le faire dévier de sa trajectoire et un autre à l’observer après son écrasement.
Le corps principal de Didymos mesure environ 780 mètres de large et son plus petit 160 mètres, légèrement plus grand que la Grande Pyramide de Gizeh.
Le corps plus petit tourne autour du corps principal à quelques centimètres par seconde, ce qui rend le travail de le faire complètement perdre.
La NASA fournit le véhicule spatial pour la première partie du travail. Son lancement est prévu pour l'été 2021.
Le vaisseau DART (Double Asteroid Impact Test) devrait entrer en collision avec sa cible en septembre 2022. Le moment de l'impact doit être enregistré par un satellite miniature de fabrication italienne le long de l'attraction, appelé LICIACube.
L'examen de près de ce qui reste de l'astéroïde sera effectué par un navire de l'ESA appelé Hera, qui sera capable de mesurer sa masse et la forme du cratère.
Hera déploiera également deux mini-satellites pour réaliser la toute première sonde radar d’un astéroïde, qui pourrait collecter des informations sur son terrain.
On espère que les résultats obtenus par Hera permettront aux chercheurs de mieux modéliser l’efficacité de la collision, ce qui pourrait faire de la technique de déviation de l’astéroïde une option valable en cas de menace réelle.
Hera n’est pas aussi avancée dans son développement que DART, les travaux de conception finaux restant à être terminés avant d’être approuvés lors de la prochaine conférence du conseil de l’ESA en novembre.
Son lancement aurait alors lieu en octobre 2024 et le trajet jusqu'à sa destination prendrait environ deux ans.
Ian Carnelli, responsable du projet Hera, a déclaré: "DART peut s'acquitter de sa mission sans Hera. L'impact de son impact sur l'orbite de l'astéroïde sera mesurable à l'aide des seuls observatoires terrestres.
"Mais piloter les deux missions ensemble va considérablement amplifier leur retour global de connaissances. Hera rassemblera en fait des données essentielles pour transformer cette expérience unique en une technique de déviation des astéroïdes applicable aux autres astéroïdes.
"Hera sera également la première mission à rencontrer un système d'astéroïdes binaires, une classe d'objets mystérieuse qui représenterait environ 15% de tous les astéroïdes connus."
M. Carnelli a ajouté que la mission Hera permettrait de tester de nouveaux mini-satellites dans l'espace lointain, appelés CubeSats, et donnerait à l'ESA une précieuse expérience des opérations à faible gravité.

