Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés à Minsk pour s’opposer à Alexandre Loukachenko, avec de nombreux chants dirigeants de « joyeux anniversaire, vous ratez » en direction du président biélorusse en difficulté.
M. Lukashenko, qui refuse de se retirer pour des allégations de trucage électoral, a passé son 66e anniversaire dimanche à sa résidence dans la capitale, où il a de nouveau été photographié portant un fusil automatique.
Il a reçu un appel téléphonique de félicitations du président russe Vladimir Poutine, qui lui a adressé une invitation à se rendre à Moscou – signe du soutien du Kremlin au dirigeant biélorusse face à la menace de sanctions occidentales.
Pendant ce temps, les manifestants à Minsk ont porté des ballons, des fleurs et le drapeau rouge-blanc-rouge que le pays a brièvement porté pendant les années 1990 et qui est devenu un symbole des manifestations anti-gouvernementales.
Certains portaient des marionnettes de cafards tandis que d’autres appelaient le président un «rat» – une insulte que M. Loukachenko a déjà utilisée pour décrire les opposants.
Les manifestants ont convergé vers la résidence de M. Loukachenko dans l’après-midi, protégés par les forces de sécurité portant des boucliers anti-émeute – tandis que des véhicules militaires blindés ont été vus plus tôt en direction du centre-ville.
Tout au long de la journée, des policiers, dont certains en civil, ont embarqué les manifestants dans des camionnettes.
Le ministère de l’Intérieur du pays a affirmé qu’au moins 140 personnes avaient été arrêtées. Les témoignages des personnes précédemment détenues ont fait état de sévères passages à tabac aux mains des services de sécurité.
L’un des assistants du président Loukachenko, Nikolai Latyshenok, a exclu la possibilité de s’entretenir avec l’opposition et a émis un avis personnel selon lequel seulement 20 à 30% de la société biélorusse était opposée au président.
Le soutien du Kremlin à M. Loukachenko a été remis en question, malgré l’importance du Belarus pour la stratégie de défense européenne du pays.
Vladimir Poutine a annoncé jeudi que le Kremlin avait mis en place une « force de police de réserve » à la demande de M. Loukachenko, ajoutant qu’elle serait déployée si nécessaire.



