Le Royaume-Uni a exprimé sa "grave préoccupation" face à la situation dans le nord de la Syrie, appelant la Turquie à mettre fin à son opération militaire dans la région.
La Turquie a lancé mercredi son offensive terrestre et aérienne après que le président américain Donald Trump ait dégagé le passage en retirant les forces américaines de la région.
Les Kurdes combattant en tant que Forces démocratiques syriennes (SDF) ont joué un rôle vital aux côtés des troupes américaines dans la défaite de l'État islamique, mais les États-Unis sont maintenant accusés de les avoir abandonnés.
L’administration Trump a depuis exigé que la Turquie mette fin à son offensive, qui a vu les forces américaines être la cible de tirs d’artillerie, avertissant le régime qu’il causait un «grand préjudice» aux relations et qu’il pouvait faire l’objet de sanctions.
Samedi soir, le Premier ministre Boris Johnson s'est entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan et s'est joint aux appels pour qu'il mette fin aux combats.
Un porte-parole de Downing Street a déclaré: "(M. Johnson) a déclaré que le Royaume-Uni était gravement préoccupé par l'opération militaire menée par la Turquie dans le nord de la Syrie, ce qui pourrait aggraver la situation humanitaire dans ce pays et compromettre les progrès réalisés contre Daesh (IS).
"Le Premier ministre a souligné que la Turquie était un partenaire important du Royaume-Uni et un allié de l'OTAN.
"Il a reconnu le rôle de la Turquie à l'avant-garde de la lutte contre Daesh et sa générosité dans le soutien aux réfugiés qui ont fui la guerre civile en Syrie.
"Mais le Premier ministre a clairement indiqué que le Royaume-Uni ne pouvait pas soutenir l'action militaire de la Turquie.
"Il a exhorté le président à mettre fin à l'opération et à engager le dialogue, et a déclaré que le Royaume-Uni et ses partenaires internationaux étaient prêts à soutenir les négociations en vue d'un cessez-le-feu".
Elle est intervenue après l'annonce par la France de son intention d'arrêter de vendre à la Turquie des armes pouvant être utilisées dans le conflit, appelant également à une réunion urgente de la coalition contre les extrémistes de l'État islamique.
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L'ONU a estimé que plus de 100 000 personnes ont été forcées de fuir les combats et que la Turquie est aurait pris Ras al Ain, une ville frontière clé, bien que cela soit contesté par les forces kurdes syriennes.
M. Erdogan dit que l'action militaire est nécessaire pour la sécurité nationale, affirmant que les Kurdes du nord-est de la Syrie sont liés à une insurrection terroriste en Turquie.
Plus tôt samedi, il a déclaré: "Nous n'arrêterons jamais cette mesure que nous avons prise … Nous ne l'arrêterons jamais, peu importe ce que quelqu'un dira."
