Coronavirus: la France titube alors que les décès dépassent les 10 000 | Nouvelles du monde

Camaractu

7 avril 2020

Le nombre de personnes décédées en France après avoir contracté un coronavirus a dépassé les 10 000.

À travers le pays, 10 328 personnes sont mortes avec COVID-19, une augmentation de 1 417 au cours des dernières 24 heures.

Une nation qui avait commencé à espérer avoir une sorte de prise sur le coronavirus la pandémie est désormais confrontée au fait que les décès continuent d’augmenter à un rythme féroce.

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La nervosité se ressent partout. Dans les grandes villes, les villes industrielles, mais aussi dans les coins tranquilles du pays, comme Cornimont.

À un autre moment, ce serait un lieu tout droit sorti d’une brochure touristique, un beau vieux village aux rues pavées et une belle église au cœur d’une vallée ensoleillée dans l’est de la France.

Mais c’est beaucoup trop calme ici. Même selon les normes de la France, un pays avec des règles de verrouillage strictes, Cornimont a la sensation d’une ville fantôme, où les gens passent à la hâte, la tête en bas, serrant le morceau de papier qui explique pourquoi ils sont hors de leurs maisons.

Cette région, Grand Est, a enregistré plus de 2 000 décès attribués au coronavirus.

Beaucoup des racines de la pandémie de France peuvent être retracées dans les villes de cette région, et son effet est déjà évident. Il y a une nervosité nerveuse ici.

Cassandra Thiebaut est une soignante qui rend visite aux personnes âgées à domicile dans et autour du village. Elle s’arrête à la boulangerie entre les visites, un masque couvrant une grande partie de son visage.

Elle a contracté le virus, tout comme de nombreux résidents. Un de ses clients est décédé.

« Il suffit de continuer », dit-elle. « Mais malgré toutes les précautions d’hygiène que nous prenons, ces personnes sont fragiles et il suffit d’une erreur, puis les choses se détériorent rapidement. »

Cornimont a de bonnes raisons de connaître cette fragilité de la vie. Sortez du village pendant quelques minutes seulement et vous arrivez à la maison de soins infirmiers Couarôge, un bâtiment arrondi et vaste qui est situé sur un point de vue qui donne sur la vallée.

Il y a de la place pour 115 personnes dans cette maison. Au cours du mois dernier, 25 des habitants sont morts alors que le virus le traversait, passant d’une personne à une autre.

Nous parlons à la gérante, Sophie Vinel, devant l’entrée. Elle dit que la vitesse à laquelle le coronavirus a infecté la maison était écrasante. Ceux qui présentaient des symptômes étaient isolés mais, dans certains cas, il est devenu évident qu’ils ne survivraient pas.

Dans une maison de soins du village, 25 habitants sont décédés
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Dans une maison de soins du village, 25 habitants sont décédés

Les familles n’ont pas été autorisées à visiter tant que la mort n’était pas imminente. Même alors, les êtres chers devaient porter des combinaisons de protection complètes lorsqu’ils arrivaient au chevet du patient pendant la dernière heure environ.

« Il est si difficile, si difficile de voir autant de résidents pris par ce virus », explique Mme Vinel. « Pour le personnel de voir autant de morts. Nous ne pouvons tout simplement pas y croire. »

Derrière elle, par la fenêtre, nous pouvons voir un homme frêle traverser le salon principal de la maison. Il prend le dernier exemplaire du journal local et, lisant chaque mot, tire son doigt sur la liste des morts. C’est un processus long et douloureux.

Le ministère français de la Santé a passé des semaines à annoncer le nombre de personnes décédées du virus à l’hôpital, mais n’a manifestement pas inclus dans ses statistiques officielles celles qui sont décédées dans des maisons de repos.

Maintenant, les statistiques ont changé d’une manière austère et sombre. Des milliers de morts, dans des maisons comme Couarôge, ont maintenant été ajoutées.

Pour Cornimont et d’autres villages comme celui-ci, c’est une crise qui laissera dans son sillage la mort, la maladie et la peur. Et aussi un sentiment chronique de malaise. Ici, comme dans le reste du monde, ils se demanderont quand ce virus reviendra.

« Comment notre village et tout le pays vont-ils se relever après cela? » dit la mairesse, Marie-Joseph Clément.

« Même à l’échelle mondiale. Comment pourrons-nous jamais récupérer? Je ne sais tout simplement pas. »

En arrière-plan, une sirène retentit – une ambulance. Une autre ambulance, rompant une fois de plus la paix d’un village qui se demande si ce ne sera plus jamais pareil.

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