Un ancien garde nazi a été jugé pour la mort de plus de 5 000 prisonniers dans un camp de concentration de la Seconde Guerre mondiale en Pologne.
Bruno Dey est accusé d'avoir participé aux meurtres de 5 230 personnes au cours des derniers mois du conflit dans le camp de Stutthof, près de l'actuelle ville de Gdansk, dans le nord de la Pologne.
Maintenant âgé de 93 ans, le garde, qui faisait partie de la force qui assurait les tours de guet du camp, avait 17 et 18 ans au moment des faits reprochés. Il est donc jugé par un tribunal pour adolescents.
Il a déjà admis qu'il avait travaillé au camp entre août 1944 et avril 1945 et qu'il pouvait être condamné à une peine d'emprisonnement allant de six mois à dix ans s'il était reconnu coupable.
En tant que gardien de sécurité, il était "une petite roue dans la machine à assassiner" et soutenait "le meurtre insidieux et cruel de prisonniers juifs en particulier", ont déclaré les procureurs.
Ils l'accusent d'être un complice de meurtre en empêchant les détenus de s'échapper du camp, l'un des derniers à être libéré en 1945.
Le nonagénaire, que des experts ont jugé apte à subir son procès, est arrivé dans la salle d'audience à Hambourg en fauteuil roulant, coiffé d'un chapeau à larges bords et dissimulant son visage avec un porte-documents rouge.
Compte tenu de son âge, les séances seront limitées à deux heures par jour deux fois par semaine, avec des pauses toutes les 45 minutes. Une équipe médicale sera présente pour le surveiller pendant les débats.
Son avocat, Stefan Waterkamp, a déclaré à la cour qu'il "se sentait désolé" pour ses prisonniers mais était "incapable de les libérer".
M. Waterkamp a nié que son client fût un membre des SS.
Des dizaines de milliers de personnes, principalement des Juifs, sont décédées au cours des six années d'existence de Stutthof.
Beaucoup ont été assassinés dans sa chambre à gaz tandis que d'autres ont succombé à la faim, à la maladie et à l'épuisement.
Les descendants des survivants sont censés occuper les tribunes publiques de la cour.
Son procès pourrait être l'un des derniers en son genre, bien qu'il existe en Allemagne une douzaine de cas en instance concernant des personnes accusées d'avoir participé à l'Holocauste, a rapporté la chaîne de télévision allemande NDR.
Au cours des dernières années, les procureurs ont condamné avec succès d'anciens gardiens de camps de la mort en affirmant qu'en aidant les camps à fonctionner, ils étaient complices des meurtres perpétrés dans ces lieux, même sans preuve de leur implication dans un meurtre spécifique.
Plus de six millions de Juifs ont été assassinés pendant l'Holocauste sous le régime nazi d'Adolf Hitler.


