Un animateur de radio et militant de premier plan a été assassiné à Idlib, un centre tenu par les rebelles syriens.
Des hommes armés ont tiré sur Raed al Fares et son ami Hamoud al Juneid dans la ville de Kafranbel, où se trouve la station de radio Fresh, a annoncé l’observatoire syrien des droits de l’homme basé en Grande-Bretagne.
La chaîne, créée par M. Fares, a produit des informations indépendantes et a fait la satire tant du président Bashar al Assad que des insurgés de l'opposition.
M. Fares a pris de l'importance au début du soulèvement contre M. Assad, qui a commencé par des manifestations de masse en 2011 avec des banderoles de protestation attirant l'attention de la communauté internationale.
Les banderoles visaient M. Assad, son allié l'Iran et les puissances occidentales, décrites par M. Fares comme vendant des Syriens ordinaires dans le cadre de leur réponse à la crise, ainsi que les militants djihadistes sortis du chaos.
M. Fares a également distribué des photographies et des clips vidéo montrant le bilan de la guerre à Kafranbel afin de brosser un tableau de la vie dans des zones de la Syrie sous contrôle des rebelles, trop dangereuses pour des journalistes étrangers.
Il a survécu à une tentative d'assassinat en 2014 lorsque des hommes armés de l'État islamique l'ont abattu à la poitrine.
Il a ajouté que ses bureaux avaient été pris pour cibles à la fois par les bombardements du gouvernement et par les djihadistes, qui l'avaient enlevé et torturé à plusieurs reprises.
Écrivant dans le Washington Post en juin, il a appelé les États-Unis à reprendre leur soutien financier à Radio Fresh.
M. Fares a écrit que "les groupes terroristes (et le régime) nous voient comme une menace directe".
La nouvelle de sa mort a provoqué une vague de chagrin et d’hommage à M. Fares.
L’alliance djihadiste Tahrir al Sham est le plus puissant des nombreux groupes présents dans la province d’Idlib.
Un accord russo-turc visant à empêcher de nouveaux combats dans le nord-ouest de la Syrie, le dernier bastion des rebelles, a pour le moment empêché une offensive gouvernementale envisagée.
L’Observatoire a signalé une succession d’assassinats à Idlib au cours de l’année écoulée, qui visaient des dirigeants appartenant aux principales factions de la région et des dissidents politiques qui désapprouvaient publiquement leur position politique.


