La Turquie a intensifié son offensive terrestre et aérienne contre la milice kurde du nord de la Syrie, forçant des milliers de personnes à fuir.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que jusqu'à présent, plus de 100 "terroristes" avaient été tués dans les combats, bien que les informations faisant état de blessés dans la région ne soutiennent pas sa plainte.
Dans le même temps, deux personnes, dont un enfant, auraient été tuées dans la ville d'Akcakale, à la frontière turque, par des tirs de mortier à l'arrivée de positions tenues par des Kurdes.
Les agences humanitaires internationales mettent en garde contre une crise humanitaire croissante dans la région.
Ankara a lancé son opération militaire mercredi après que Donald Trump ait retiré les troupes américaines de leurs côtés aux côtés de leurs alliés kurdes.
La décision a marqué un changement radical dans la position du président américain, qui a promis l'année dernière de se tenir aux côtés des Kurdes, affirmant qu'ils "se sont battus avec nous" et "sont morts avec nous".
Le revirement a suscité de vives critiques de la part des républicains et des démocrates à Washington ainsi que des experts de la défense.
Les forces kurdes ont mis fin à toutes les opérations contre l'État islamique afin de se concentrer sur le combat contre les troupes turques, selon des responsables kurdes et américains.
Les combattants kurdes syriens et les forces américaines s’attaquaient aux vestiges de l’EI après la défaite du groupe terroriste au début de l’année.
Appelant à la modération de la Turquie lors de son assaut, M. Trump a averti Ankara qu'elle serait durement touchée financièrement si elle ne "respectait pas les règles".
En écrivant sur Twitter, le président américain a déclaré: "J'essaie de mettre fin à la guerre sans fin. Parler aux deux côtés.
"Je dis frapper très fort la Turquie financièrement et avec des sanctions si elle ne respecte pas les règles! Je surveille de près."
L'armée turque a déclaré que ses avions de combat et son artillerie avaient atteint 181 cibles.
Mais Mustafa Bali, un porte-parole des Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes, a déclaré que leurs combattants avaient repoussé les attaques au sol turques.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme basé en Grande-Bretagne a déclaré que plus de 60 000 personnes avaient fui leur foyer depuis le début de l’offensive.
L'ONU estime également que des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées et a appelé toutes les parties belligérantes à respecter le droit international humanitaire, notamment en fournissant un accès aux agences d'aide.
Ankara considère les membres de la milice kurde comme des "terroristes" en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit, qui mène une insurrection contre la Turquie depuis 35 ans, faisant des dizaines de milliers de morts.
Les États-Unis et d'autres pays occidentaux considèrent également le PKK comme un groupe terroriste.
La Turquie considère que ses opérations contre les milices kurdes en Syrie sont une question de survie. Elle insiste également sur le fait qu'elle ne tolérera pas la quasi-autonomie que les Kurdes ont réussi à mettre en place dans le nord de la Syrie le long de la frontière.
Ankara veut créer un corridor le long de la frontière – une soi-disant "zone de sécurité" – permettant de dégager les forces kurdes.
Cela mettrait un terme à l'autonomie des Kurdes dans la région et placerait une grande partie de leur population sous le contrôle turc.
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