Emmanuel Macron fait l’objet d’intenses protestations et critiques à travers le monde musulman.
Au cœur de la controverse se trouve un conflit entre les valeurs laïques et religieuses, mais il peut y avoir plus que cela.
Les partisans du président français disent qu’il défend simplement la laïcité de son pays.
Ses détracteurs en colère disent qu’il a offensé des millions de musulmans et l’a même accusé d’avoir tenté de remodeler l’islam, provoquant ainsi un ressentiment à l’égard du passé colonial de la France.
La France a une longue tradition de laïcité résolue. En 1905, une loi consacre le principe de la laicité (laïcité) dans la loi.
Il a été conçu pour protéger le droit des individus de pratiquer leur propre foi, mais aussi pour garder la religion – à savoir l’Église catholique – hors des institutions publiques, en particulier les écoles.
D’autres lois protégeant le droit de blasphémer remontent plus loin – il y avait un effort déterminé pour garder l’Église hors des affaires de l’État à la suite de la Révolution française.
Ainsi, alors que dans certains pays, les caricatures montrant le prophète Mahomet sous un jour défavorable peuvent être interdites par les lois sur le blasphème, ce n’est pas le cas en France, où il est légalement permis de dénigrer une religion, sinon un individu en raison de la religion qu’ils pratiquent.
Il y a un conflit très clair entre ces principes et les valeurs de l’Islam qui interdisent toute image du Prophète, sans parler de celles qui se moquent ou se moquent de lui.
Mais la controverse va plus loin que cela.
Président Macron provoque également la colère pour une position plus audacieuse et plus critique qu’il a prise sur ce qu’il appelle le séparatisme islamiste.
Le problème est une « idéologie qui prétend que ses propres lois devraient être supérieures à celles de la république », a-t-il déclaré dans un discours au début du mois.
Le séparatisme islamiste, a-t-il dit, menace les valeurs laïques françaises et l’avenir même de la République française.
Contrairement à la tradition chrétienne, l’Islam n’a pas de séparation entre l’Église et l’État. Le prophète Mahomet était à la fois un chef spirituel et temporel.
À proprement parler, la loi religieuse islamique devrait être suprême. Cela a toujours créé une tension dans les pays occidentaux où les musulmans pratiquent leur religion – et en France en particulier, compte tenu de sa tradition séculière et particulièrement maintenant en raison de la Charlie Hebdo controverse.
M. Macron semble prendre position contre les formes les plus inoffensives de «séparatisme islamique», affirmant qu’elles sapent les valeurs françaises, et il semble déterminé à protéger la liberté d’expression et d’expression en France.
La religion est une idée, selon ces valeurs, et les citoyens devraient donc être libres d’en discuter et même de se moquer d’elle.
Certains détracteurs du président disent qu’il va plus loin que la défense des valeurs françaises en critiquant l’islam et en essayant de le remodeler à la lumière de l’Occident.
Ils disent qu’il agit dans les traditions coloniales et impérialistes du passé de son pays.
Il ne fait aucun doute également que certains dirigeants et groupes extrémistes utilisent la controverse à leurs propres fins, pour gagner plus de soutien et pour augmenter le recrutement.
Tragiquement, il est également utilisé pour justifier des actes scandaleux de violence brutale.
La complexité de ce débat est probablement académique pour beaucoup de ceux qui manifestent dans le monde musulman.
Pour eux, la vue d’un leader français défendant apparemment une caricature blasphématoire de leur prophète suffit à les faire descendre dans la rue.
Dans une religion où il est interdit de dessiner leur chef, les fidèles sont profondément offensés par une image le dénigrant et ne peuvent comprendre le refus du gouvernement français de permettre que cela se produise.

